Henriette et Joseph Bourdon – Les Ablatats ( Rousses ) Samedi2 août 2025
Pose d’une plaque commémorative en souvenir des actions menées et à la mémoire de Joseph & Henriette Bourdon.

Henriette (Roux) Bourdon – Année de nomination : 1983 à titre posthume
Date de naissance : 16/09/1888
Date de décès : 25/12/1979
Profession : Enseignante au séminaire protestant, mère de 4 enfants

Joseph Isaac Bourdon – Année de nomination : 1983 à titre posthume
Date de naissance : 17/09/1887
Date de décès : 07/02/1959
Profession : Pasteur, enseignant au séminaire protestant

Samedi 2 août 2025 : Hommage à Henriette et Joseph Bourdon, Justes parmi les Nations ( voir l’article de presse)

Ce samedi 2 août 2025 restera gravé dans la mémoire collective du hameau des Ablatats, où une émouvante cérémonie s’est tenue en hommage à Henriette et Joseph Bourdon, reconnus Justes parmi les Nations pour avoir sauvé plusieurs familles juives pendant la Seconde Guerre mondiale.

À cette occasion, une rue du hameau a été officiellement nommée en leur honneur : « Rue Henriette et Joseph Bourdon », symbolisant la reconnaissance d’un acte de courage et d’humanité qui a traversé les générations.

Près de 80 personnes ont assisté à cette commémoration, qui a ete marquée par l’intervention du maire de la commune, Daniel Giovannsci , Simon Massbaum, délégué Yad Vashem et Patrick Cabanel, historien. Une descendante d’une des familles sauvées était présente, ainsi que de nombreux membres de la famille Bourdon et de nombreux habitants, venus rendre hommage à ce couple ordinaire au destin peu commun. M.Reiss avait envoyé pour cette occasion des mots de remerciements, ayant été hébergé aux Ablatats par la famille Laget, en raison de son âge il n’a pas pu faire le déplacement.

La cérémonie a été ouverte par un mot de bienvenue de Claire Maridet une des arrières arrières petite fille du couple. Ensuite Simon Massbaum, délégué de l’institut Yad Vashem, a rappelé le sens du titre de Juste parmi les Nations et la portée universelle des actes accomplis par les époux Bourdon.

Le maire du village, Daniel Giovannsci, a salué l’importance de cette mémoire vivante et a précisé qu’une autre rue portait aussi le nom d’un juste: M. Chazel.

L’historien Patrick Cabanel, a fait quelques rappels historiques sur la période et rappelé l’appui de la population cévenole dans ce sauvetage.

Moment particulièrement émouvant : les arrières-arrières-petits-enfants du couple ont lu, avec émotion, plusieurs extraits des « Souvenirs de guerre » écrits par Henriette Bourdon. Ces textes, simples et poignants, ont plongé l’assemblée dans l’intimité d’une époque marquée par la peur, mais aussi par le courage discret.

À la fin de la cérémonie, une plaque commémorative a été officiellement dévoilée sur la maison familiale . Elle comporte une photo du couple, une brève explication de leur histoire, ainsi qu’un QR code permettant d’accéder à une page dédiée sur le site de Yad Vashem pour en apprendre davantage sur leur engagement et leur reconnaissance.

La cérémonie s’est conclue dans un profond recueillement, marquant la transmission de cette mémoire aux jeunes générations et l’ancrage durable du souvenir de Henriette et Joseph Bourdon dans le paysage et dans les cœurs.

Photos prises lors de la cérémonie par ordre chronologique

Photos du dévoilement de la plaque commémorative.

Histoire. Le pasteur Joseph Bourdon enseignait au séminaire protestant de Mende, chef lieu de la Lozère. La CIMADE (Commission inter-mouvements auprès des évacués), une organisation de secours aux réfugiés, qui leur fournissait de faux papiers d’identité et des cartes d’alimentation, était particulièrement active dans cette région. Le pasteur et sa femme Henriette en faisaient partie et pourvoyaient les Juifs cachés par la CIMADE de faux papiers. Dans sa déposition après la guerre, Fanny Gurtwirth raconte comment, en juillet 1942, elle était arrivée à Mende, en zone non occupée, avec ses parents et son frère Azriel. Après avoir reçu de faux papiers belges, la famille loua un appartement en face du séminaire. En été 1944, craignant de voir Azriel réquisitionné pour le travail obligatoire, les Gurtwirth s’adressèrent à Joseph Bourdon au séminaire tout proche et lui exposèrent la situation. Le pasteur envoya les parents à son collègue le pasteur André Gall (q.v.) à Florac, et leurs deux enfants au pasteur François Chazel (q.v.) à Vedron, village sur le plateau des Cévennes. Henriette Bourdon prêta sa bicyclette à Fanny pour qu’elle puisse arriver à bon port. Le docteur Marc Monod, qui prit une part active au sauvetage des Juifs de la Lozère, témoigna que le pasteur Bourdon, qui avait des contacts avec diverses autorités, s’en servait pour le prévenir, et pour prévenir directement les Juifs cachés par des familles locales, des opérations que la gendarmerie s’apprêtait à déclencher, ce qui permettait de se disperser dans les vallées avoisinantes jusqu’à ce que le danger soit passé.

Le 22 décembre 1983, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné, au pasteur Joseph Bourdon et à sa femme Henriette, le titre de Juste parmi les Nations. 

 Source : https://yadvashem-france.org/dossier/nom/2698n/